L'ajout de roche volcanique broyée au terres agricoles pourrait stimuler les récoltes et ralentir le réchauffement climatique

La pulvérisation de la roche volcanique et l'épandage de la poussière comme engrais sur les sols agricoles pourraient aspirer des milliards de tonnes de carbone de l'atmosphère et augmenter les rendements des cultures sur une planète qui se réchauffe avec une population en augmentation.

L'ajout de roche volcanique broyée au terres agricoles pourrait stimuler les récoltes et ralentir le réchauffement climatique
Les plaines volcaniques ont tendance à être des terres agricoles fertiles. Une nouvelle étude explore comment l'épandage de roches volcaniques broyées dans les fermes peut augmenter le stockage de carbone et le rendement des cultures. Crédit: SounderBruce / CC-BY-SA-2.0

Dans un article publié dans le journal scientifique Natures Plants, une équipe internationale de chercheurs expose les perspectives de "l'amélioration de la météorisation des roches", un processus qui utilise des roches silicatées pulvérisées, comme le basalte, pour accélérer la capacité des minéraux à stocker le carbone dans le sol.

L'équipe, dirigée par l'Université de Sheffield et comprenant le scientifique climatique américain James Hansen, rapporte que la technique de la météorisation améliorée sur les bandes de terre cultivées dans le monde, pourrait potentiellement compenser une partie significative des émissions mondiales de carbone.

Bien que leurs estimations soient préliminaires, les auteurs estiment que si les agriculteurs ajoutent suffisamment de roches pulvérisées par acre sur une majorité des terre cultivées dans le monde, près de 4 milliards de tonnes de CO2 serait enlever de l'atmosphère d'ici 2100. Cela représente environ un dixième des émissions mondiales de gaz à effet de serre (les émissions de gaz à effet de serre provenant de l'agriculture et de l'utilisation des terres sont actuellement d'environ 8 milliards de tonnes). Cela pourrait arriver assez rapidement.

"Il est concevable que le déploiement puisse se faire en une décennie ou deux," ajoute David Beerling, directeur du Centre Leverhulme pour l'Atténuation du Changement Climatique à l'Université de Sheffield et auteur principal de l'étude.


Dans la nature, cela prendrait des millions d'années.


La pluie, qui est légèrement acide, décompose chimiquement la roche dans un processus qui convertit le dioxyde de carbone en bicarbonate qui finit par se jeter dans l'océan où il est stocké pendant des centaines de milliers d'années. Ce processus naturel absorbe environ 3% des émissions globales provenant des énergies fossiles.

Mais pulvériser les roches booste le processus, permettant aux minéraux d'être libérés plus rapidement et de stocker du carbone en quelques années, explique Beerling.

Lorsque les agriculteurs appliquent la roche en poudre sur les terres cultivées, ils verront des avantages supplémentaires: des nutriments végétaux accrus entraînant des rendements plus élevés et une baisse potentielle de l'utilisation d'engrais et de pesticides

Les auteurs notent que le meilleur candidat pour améliorer la météorisation est la terre déjà cultivée, environ 11% des surfaces du globe, où les agriculteurs appliquent déjà du calcaire pour améliorer le sol et contrecarrer l'acidification.

Cela signifie que l'infrastructure pour appliquer les roches pulvérisées est déjà en place.


Beaucoup de questions restent en suspend


Mais, le processus, qui semble terriblement facile, n'a pas encore été étudié en profondeur, ce qui incite les auteurs à demander davantage de travail sur le sujet. "Alors que l'amélioration de la météorisation pourrait contribuer énormément à l'atténuation du changement climatique, cela reste l'une des méthodes les plus mal comprises pour éliminer le CO2 de l'atmosphère," ajoute Phil Renforth, professeur de géologie de l'ingénieur à l'Université de Cardiff, non impliqué dans l'article. "Comme le suggèrent les auteurs, nous avons besoin de faire beaucoup plus de travail pour déterminer si ces importants prélèvements de carbone peuvent être réalisés et évaluer les impacts positifs et négatifs de cette approche."

Parmi les point négatifs probables: l'énergie utilisée pour pulvériser les roches pourrait représenter jusqu'à 30 pour cent du CO2 qui est stocké. En attendant, on ne sait pas exactement combien de roche serait nécessaire et quels seraient les impacts environnementaux sur les sols et les cours d'eau.

Le coût est un autre point d'interrogation. Les estimations actuelles vont de 52 à 480 dollars par tonne de CO2 stocké. Bien que l'augmentation des rendements des cultures et la réduction de l'utilisation d'engrais pourraient compenser une partie de l'étiquette de prix.

Une autre stratégie "d'émissions négatives", la bioénergie avec capture et stockage du carbone (BECCS), coûte entre 39 et 100$ par tonne. Mais les auteurs notent que l’amélioration de la météorisation des roches pourrait être l'un des ustensiles de la boîte à outils de contrôle du climat.

"Les stratégies pour sortir le CO2 de l'atmosphère sont maintenant à l'ordre du jour de la recherche, et nous avons besoin d'une évaluation réaliste de ces stratégies, de ce qu'elles pourraient être capables de fournir et des défis à relever." ajoute Hansen.

Le lien vers l'article scientifique: "Farming with crops and rocks to address global climate, food and soil security"

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