Les systèmes agroforestiers pourraient jouer un rôle important pour atténuer le changement climatique

L'agroforesterie pourrait jouer un rôle important pour atténuer le changement climatique car elle séquestre beaucoup plus de dioxyde de carbone de l'atmosphère dans les plantes et le sol que l'agriculture conventionnelle, d'après une étude des chercheurs de l'Université d'Etat de Pennsylvanie.

Système agricole qui combine les arbres avec les cultures et le bétail sur le même terrain, l'agroforesterie est particulièrement populaire dans les pays en développement parce qu'elle permet aux petits agriculteurs qui ont peu de terres à leur disposition de maximiser leurs ressources.

Les systèmes agroforestiers pourraient jouer un rôle important pour atténuer le changement climatique

Ils peuvent planter des légumes et des céréales autour des arbres qui produisent des fruits, des noix et du bois pour feu de cuisson, les arbres fournissent aussi de l'ombre aux animaux qui fournissent du lait et de la viande.


Les chercheurs ont analysé les données provenant de 55 études publiées dans le monde qui ont suivi les changements dans le carbone organique du sol après la conversion des forêt en culture et de prairies-pâturages en agroforesterie.

Alors que les forêts séquestrent environ 25% de dioxyde de carbone en plus que tous les autres types de paysages, l'agroforesterie, en moyenne, stocke nettement plus de carbone que l'agriculture.

La transition de l'agriculture vers l'agroforesterie augment significativement  le carbone organique du sol de 34% en moyenne, d'après Michael Jacobson, professeur de ressources forestières, dont le groupe de recherche du College of Agriculturel Studies a mené l'étude.

La conversion de pâturage/prairie en agroforesterie produit une augmentation du carbone organique du sol de 10% en moyenne. "Nous montrons que les systèmes agroforestiers jouent un rôle efficace dans la séquestration mondiale du dioxyde de carbone, ils sont impliqués dans la capture du carbone et le stockage à long terme du dioxyde de carbone atmosphérique" explique Jacobson, "le processus est essentiel pour atténuer ou retarder le réchauffement climatique."

Cependant, le carbone n'était pas stocké de manière égale dans différents niveaux de sol, note le chercheur principal Andrea De Stefano, étudiant diplômé de Penn State lorsque l'étude a été faite. Il fait remarquer que l'étude, publiée en décembre 2017 dans Agrofrestery Systems, fournit une base empirique pour soutenir les systèmes agroforestiers en expansion en tant que stratégie pour réduire la concentration de dioxyde de carbone atmosphérique et atténuer les changements climatiques.

"La conversion d'une forêt en agroforesterie conduit à des pertes dans les stocks de carbone organique du sol dans les couches supérieures, alors qu'aucune différence significative n'a été détectée lorsque des couches plus profondes ont été incluses" rapporte De Stefano, "d'un autre côté, la conversion de l'agriculture en agroforesterie augmente les stocks de carbone organique du sol à tous les niveaux dans la plupart des cas."

Des augmentations significatives ont également été observées dans la transition des pâturages / prairies en agroforesterie dans les couches supérieures, en particulier avec l'inclusion de plantes vivaces dans les systèmes, comme dans les systèmes sylvopastoraux et agrosylvopastoraux.

Il existe des preuves selon lesquelles les forêts sont de grands puits de carbone par rapport aux systèmes agricoles, concède Jacobson, et l'on soupçonnait que l'agroforesterie se situait quelque part entre les deux, en termes de séquestration du carbone, mais cette recherche est la première à documenter ces différences.

Les programmes gouvernementaux dans certains pays tropicaux, comme le Brésil, l'Indonésie et le Kenya, payent les agriculteurs pour faire pousser des arbres sur leurs terres afin d'atténuer les changements climatiques, souligne Jacobson. Et cette stratégie est largement adoptée parce que les systèmes agricoles sont beaucoup plus intégrés dans les tropiques où les agriculteurs sont plus pauvres et les avantages économiques sont souvent désespérément nécessaires.

"Aux Etats-Unis, l'agroforesterie est perçue beaucoup plus d'un point de vue environnemental et les avantages économiques - bien qu'importants - sont secondaires" ajoute Jacobson, "Mais dans les tropiques, il faut des avantages économiques pour le faire fonctionner sinon les agriculteurs ne le feront pas. La plupart ont seulement un acre ou deux de terre et ils ont besoin de tous ces produits pour que leurs familles survivent, ainsi les arbres sont vitaux. Je pense que c'est une importante distinction."

L'agroforesterie est étroitement liée au mouvement de l'agriculture durable aux États-Unis, avec ses initiatives biologiques, de produits locaux et de permaculture. Les Américains reconnaissent le besoin d'une diversification à la ferme qui comprend la rotation des cultures, les cultures de couverture, les polycultures et, bien sûr, l'agroforesterie. L'agroforesterie et l'agriculture durable partagent de nombreux objectifs.

Une grande proportion des bassins versants et des paysages du pays sont une mosaïque entrelacée des deux utilisations. Ensemble, ils constituent la majorité de l'utilisation des terres aux États-Unis, rapporte Jacobson. "Malheureusement, il y a une tendance à traiter séparément l'agriculture et la foresterie lorsqu'on aborde les problèmes de ressources naturelles, mais l'agroforesterie offre un ensemble de technologies de conservation et de production qui peuvent aider à intégrer les efforts forestiers et agricoles au-delà des cycles du carbone, tels que la qualité de l'eau et la diversité biologique. "


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