mercredi 14 juin 2017

La participation de la société civile, clé des programmes internationaux de foresterie au Laos

La participation d'organisations de la société civile aux programmes internationaux REDD+, cherchant à réduire la déforestation, la dégradation des forêts et les émissions de CO², pourrait jouer un rôle clé en renforçant la collaboration entre les acteurs locaux et internationaux gérant les ressources naturelles au Laos.

De plus, le plan d'action de l'Union Européenne sur le FLEGT (Forest Law Enforcement Governance and Trade: concerne les importations de certains bois et produits bois en provenance d'Indonésie dans la communauté européenne) pourrait augmenter les opportunités pour les organisations de la société civile de participer à la gouvernance active des ressources naturelles, d'après une nouvelle étude de l'Université de l'Est de la Finlande et l'Institut Européen de la Forêt.

Au Laos, cependant, des limitations sont posées aux organisations de la société civile, qui ne font que commencer à se former. Les découvertes ont été publiées dans le journal Forests, avec le chercheur Irmeli Mustalahtide l'Université de l'Est de la Finlande, auteur principal.



Ils ont analysé les programmes internationaux FLEGT et REDD+ au laos.


Situé dans le Sud-Est asiatique, le Laos a une population d'environ 6.8 millions d'habitants; les pays voisins sont la Thaïlande, la Chine, la Birmanie, le Vietnam et le Cambodge.

Le pays enclavé est pauvre, et pourtant riche en ressources naturelles; de plus le Laos utilise l'hydroélectricité pour produire de l'énergie qu'il exporte à ses voisins. Les forêts constituent une autre ressource naturelle importante du point de vue de la production de bois, de la biodiversité et de la gestion durable des ressources en eau.

Le programme REDD+ des Nations Unies et la Banque Mondiale cherchent à réduire les émissions de CO² provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts en collaborant avec les acteurs locaux, nationaux et internationaux.

Le plan d'action FLEGT de l'Union Européenne et son accord de partenariat volontaire (Voluntary Partnership Agreements - VPAs), quant à lui, cherche à assurer l'application de la loi sur les forêts et la gestion de la gouvernance et du commerce de la forêt à travers des accords gouvernementaux conclus avec les pays qui importent du bois tropical vers l'Union Européenne.

L'objectif du FLEGT est de combattre l'exploitation du bois illégale et de faire commerce des produits forestiers avec les pays du VPA. Un autre objectif est de promouvoir la gestion de la forêt et le développement durable dans les pays du VPA.

Une licence FLEGT assure que les produits en bois comme les meubles, placages, pâte à papier et produits en papier, sont fabriqués légalement.

Les organisations de la société civile au Laos ont un rôle important à jouer, mais ont des ressources limitées. 


Au Laos, le rôle des organisations internationales de la société civile dans la planification du programme REDD+ implique principalement une participation aux réunions planifiées et à la sensibilisation des gens, sans pouvoir de décision.

La capacité des organisations locale de la société civile était jugée faible: pourtant, elles jouent un rôle crucial dans la détermination des besoins et valeurs des acteurs locaux

Lors des préparations pour les négociations du VPA en 2015, seulement quatre organisations locales de la société civiles ont déclaré avoir le rôle d'observateur et ont été informées du plan d'action FLEGT.

Cependant, lors du dernier voyage des chercheurs au Laos en février 2017, environ 20 organisations locales ont rapporté suivre le développement du FLEGT, et 5 de ces organisations ont participé à des réunions préparatoires connexes.

Néanmoins, le rôle des organismes de la société civile au Laos est considéré comme limité à "sensibiliser à l'environnement", et ils ont des opportunités et des capacités à participer au pouvoir de décision limitées.

Selon les chercheurs, la participation des organisations de la société civile pourrait apporter un aperçu local  précieux dans les programmes du REDD+ et du FLEGT, et pourrait améliorer l'équité et la transparence des processus.

Mais le système politique du Laos ne soutien pas les sociétés civiles indépendantes, et les organismes ne peuvent pas participer ou influencer la prise de décision gouvernementale.

D'après les chercheurs, les principaux défis de la gouvernance des ressources naturelles au Laos comprennent la sensibilisation à la gouvernance des ressources naturelles et aux programmes forestiers internationaux, et la création des capacités éducatives, financières et réactives dans le pays.



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vendredi 9 juin 2017

Une étude de Stanford explore le risque de déforestation avec le développement de l'agriculture en Afrique

L'Afrique produit près de 70% du cacao mondial, une production croissante qui nécessite de transformer plus de 1300 km² de forêts en terres agricoles chaque année. La-bas, c'est une goutte d'eau dans le seau de l'expansion agricole.

Cette expansion est le sujet d'une nouvelle étude de Stanford qui fournit la première évaluation complète sur la façon dont la demande internationale pour les cultures de base, comme le cacao, affecte les forêts tropicales de l'Afrique sub-saharienne, secondes en taille après l'Amazonie.

Une étude de Stanford explore le risque de déforestation avec le développement de l'agriculture en Afrique
La chercheuse principale Elsa Ordway collecte des données pour valider une étude de télédétection sur la déforestation et l'expansion agricole au Cameroun (Image credit: Courtesy Elsa Ordway)

Les découvertes, publiées dans la revue Environmental Research Letters, suggèrent des raisons d'espérer dans l'optique où les décideurs politiques adaptent les décisions concernant la déforestation autour des dynamiques et incertitudes propres à la région.

"Nous commençons à mieux comprendre les problèmes liés à l'expansion agricole à grande échelle dans les tropiques" dit l'auteur principal Elsa Ordway, étudiante diplômée de Stanford's School of Earth, Energy & Environmental Sciences,


"En Afrique, nous avons l'opportunité de tirer des leçons apprises des autres régions et de pouvoir recommander des politiques préventives"


En particulier, l'étude recommande des politiques qui allègeraient la pauvreté dans des régions locales et inciteraient à la conservation des forêts plutôt que la déforestation généralisée qui a accompagné l'expansion agricole dans d'autres régions.

Au fur et à mesure que les marchés internationaux se sont multipliés et se sont intégrés, la production de cultures à la demande, comme le soja et l'huile de palme, s'est éloigné des zones où les terres sont rares et où les réglementations en matière de ressources naturelles sont solides.

La production s'est ainsi déplacée vers des régions tropicales telles que l'Asie du Sud-Est et l'Amérique du Sud. Le Brésil et l'Indonésie représentaient à eux seuls plus de 60% de la déforestation tropicale mondiale de 2000 à 2005, en grande partie à cause de l'expansion agricole.

L'Afrique sub-saharienne, avec ses abondantes terres et main-d'œuvre bon marché, semble être une prochaine étape évidente pour les entreprises multinationales qui cherchent à se développer ailleurs.


Depuis 2015, la production agricole dans la région a augmenté au taux le plus rapide à l'échelle mondiale, et les terres cultivées devraient augmenter de plus de 10 pour cent d'ici 2025.


Bien que les taux de déforestation en Afrique restent bien en-dessous de ceux de l'Amérique du Sud et de l'Asie du Sud-Est, la région a perdu une superficie de forêt intacte de la taille de l'Islande depuis 2000.

Ces forêts africaines, que l'on trouve principalement dans le bassin du Congo, représentent 30% du total mondial et constituent une source importante de revenus locaux.

En plus de réguler le climat, de protéger la qualité de l'eau et de contrôler les maladies, les forêts alimentent et fournissent des moyens de subsistance à au moins 100 millions de personnes vivant à proximité.

Les produits forestiers tels que le bois représentent en moyenne 6% du produit intérieur brut de l'Afrique subsaharienne, soit le triple de la moyenne mondiale.


Éviter la déforestation.


L'expansion de la production végétale en Afrique subsaharienne à jusqu'à présent, été conduite principalement par de petits et moyens agriculteurs locaux qui stimulent l'économie régionale et peuvent se développer en générant moins de perturbation sur les forêts.

Mais de grands changements sont en train de se préparer. Au cours de ces dernières années, des sociétés multinationales ont acheté une superficie plus grande que le Costa Rica dans le bassin du Congo fortement arboré, principalement pour des cultures comme l'huile de palme et le soja.

Au fur et à mesure que les multinationales se déplacent, elles sont plus susceptibles d'acquérir des terres en défrichant des forêts intactes en raison de conflits de propriété résultant de la complexité foncière de la région.

Cependant, les auteurs de l'étude suggèrent que l'Afrique pourrait être épargnée par la déforestation massive, qu'entrainerait la monoculture à grande échelle, comme cela a été le cas dans des régions comme l'Asie du Sud-Est, en mettant en œuvre des politiques qui donnent la priorité à la conservation des forêts et au contrôle local de la terre.

"La société civile, les responsables politiques et les sociétés privées peuvent bénéficier de nombreuses années d'essais et d'erreurs avec des politiques anti-déforestation en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est pour concevoir des interventions plus efficaces en Afrique subsaharienne," explique le co-auteur Eric Lambin, de Stanford's School of Earth, Energy & Environmental Sciences.


Parmi les solutions possibles:
- Promouvoir des investissements qui garantissent aux petits et moyens agriculteurs de continuer à stimuler l'expansion agricole afin d'atténuer la pauvreté et d'éviter les conflits fonciers;
- Encourager les cultures à l'ombre, comme pour le cacao afin d'inciter à la conservation de la couverture forestière;
- Trouver les moyens d'attirer l'attention des consommateurs africains sur les problèmes qu'engendrent la déforestation.

"Les pertes forestières futures pourraient être atténuées par des politiques qui abordent l'influence changeante des marchés nationaux et internationaux," ajoute le co-auteur Greg Asner, professeur à
à Stanford's School of Earth, Energy & Environmental Sciences.

En attendant; les résultats de l'étude pourraient encourager les engagements zéro déforestation pris par des dizaines d'entreprises internationales et aider les pays à adhérer à leurs engagements en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.


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dimanche 28 mai 2017

La résilience, une nouvelle façon de penser pour réduire la pauvreté

L'aide au développement a atteint un nouveau sommet avec 142 milliards de dollars, d'après les récentes données de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques).

Récemment, dans le journal Science Advances, des chercheurs basés en Suède et en Australie remettent en question une pierre angulaire de l'aide au développement: le "piège de la pauvreté" et sa solution le "Big Push" (c'est-à-dire d'une aide massive à tous les secteurs afin de favoriser le développement.): les organismes d'aide injectent des liquidités pour les semences, les engrais et les machines, par exemple dans les économies rurales qui sont alors prises dans un cercle vicieux de sous-développement. En théorie, cela doit pousser ces économies sur la voie du progrès. Cependant, depuis des décennies, cette approche singulière est régulièrement critiquée car elle peut conduire à une pauvreté toujours plus persistante dans certains endroits, car la culture et la nature sont ignorées.

D'après Jamila Haider, co-auteur principale du Centre de Résilience de Stockholm: "pour la première fois, nous apportons un moyen d'étendre la réflexion sur les pièges de la pauvreté en incluant plus pleinement les liens entre le bien-être financier, la nature et la culture. Cette nouvelle approche rend difficile pour les agences de développement d'ignorer une plus large gamme d'options et de solutions"
La résilience, une nouvelle façon de penser pour réduire la pauvreté
A l'aide de la pensée résiliente, les chercheurs ont pu intégrer des interactions complexes en lien avec la sécurité économique, la culture et l'environnement, dans le concept du piège de la pauvreté. Ces idées fournissent des voies alternatives pour la réduction de la pauvreté. Crédit: Stockholm Resilience Centre. Design: Azote, E. Wikander and E. Wisniewska

La recherche pourrait contribuer à une meilleure intégration des objectifs de développement durable de l'ONU. Pour Steven Lade, co-auteur principal du même centre: "Les objectifs exigent le doublement de la productivité agricole d'ici 2030. Ignorer les facteurs culturels et environnementaux pourrait accroître le risque de pièges à la pauvreté."

Avec 78% des personnes les plus pauvres du monde vivant dans les zones rurales, l'aide au développement vise souvent des solutions financières et technologiques agricoles rapides. Le "Big Push", l'une des pus anciennes théories de développement économique, reste toujours une approche populaire unique, malgré ses limites connues.

Les agences de développement encouragent souvent les agriculteurs vers des monocultures rentables, comme le coton OGM en Inde qu'ils peuvent vendre pour sortir de la pauvreté, avec des résultats mitigés.

Bien que cela soit un succès dans de nombreux endroits, cela peut aussi mener à la déforestation, à la pollution à l'azote et au phosphore, pour ne citer que quelques conséquences environnementales.

Dans certains cas, cela a créé un cycle de pauvreté où des variétés de semences "améliorées" ont échoué en raison de la négligence des conditions environnementales locales et de la culture, laissant la terre dans un état pire qu'auparavant, et faisant perdre de précieuses connaissances; le piège de la pauvreté est alors renforcé.


La nouvelle approche de l'équipe, classifie trois types de solutions pour alléger la pauvreté.


La première est le Big Push classique, "au-dessus de la barrière".

La seconde consiste à "baisser la barrière": cela pourrait inclure la formation des agriculteurs pour changer les comportements et les pratiques.

Ces deux classifications constituent l'épine dorsale des stratégies d'aide actuelles.

Les chercheurs ont introduit une troisième classification qu'ils appellent "transformer le système".  Il s'agit de repenser fondamentalement la stratégie d'intervention. Par exemple,  encourager un agriculteur à consacrer une partie de ses terres cultivées intensivement à des cultures locales gérées de manière traditionnelle afin de maintenir des variétés de graines résilientes.

D'après Haider: "si la pauvreté dans une région cause des dégradations environnementales, alors peut-être que la stratégie "big push" fonctionnera. Mais si les terres ont été gérées de manière durable pendant des générations, alors les agences de développement ont besoin d'une nouvelle approche qui prend ces connaissances en considération. Cela semble évident, mais les stratégies d'intervention peuvent être aveuglées par des modèles économiques puissants mais simplistes. Certaines communautés sont restées résistantes depuis des générations, par exemple en utilisant de nombreuses variétés traditionnelles de semences. Nous montrons comment les interventions en développement doivent s'adapter en fonction des différentes relations entre la pauvreté et l'environnement. Ces modèles pourraient être utilisés dans la planification du développement afin de rendre explicites les connaissances et les hypothèses disponibles de chaque différents cas."

Lade ajoute que "plutôt que d'augmenter la production à travers des intrants de capital physique, la transformation offre une production accrue en raison de l'augmentation du capital naturel et du capital culturel. C'est une approche alternative permettant d'analyser les investissements pour l'intervention. Lorsque les risques sont élevés, l'aide traditionnelle échouera, cela donne des options pour explorer et mettre en œuvre des stratégies alternatives axées sur la transformation construite sur des pratiques culturelles historiquement réussies pour gérer l'écologie locale".

 La résilience permet de sortir du piège de la pensée concernant la réduction de la pauvreté.


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lundi 22 mai 2017

Sécurité alimentaire: des solutions anciennes aux problèmes actuels

Des archéologues de l'Université d'Etat de Washington (WSU ) sont à la tête de nouvelles recherches utilisant une technologie informatique sophistiquée pour apprendre comment les sociétés anciennes réagissaient au changement climatique.

Leur travail, qui lie des anciennes données climatiques et archéologiques, pourrait aider les communautés modernes à identifier de nouvelles cultures et des stratégies d'adaptation lorsqu'elles sont menacées par la sécheresse, les conditions météorologiques extrêmes et d'autres problèmes environnementaux.

Sécurité alimentaire: des solutions anciennes aux problèmes actuels
Des scientifiques de WSU utilisent les données de sites archéologiques comme le site  Pueblo Bonito vieux de 1200 ans, Chaco Canyon, afin d'étudier comment les anciennes populations se sont adaptées au changement climatique dans le sud-ouest de l'Amérique. Photo: Nate Crabtree

Dans un article publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences, Jade d'Alpoim Guedes, professeur d'anthropologie assistante, et ses collègues de l'université Stefani Crabtree, Kyle Bocinsky et Tim Kohler, ont examiné la façon don les progrès récents dans la modélisation informatique sont en train de refondre le domaine de l'archéologie.

"Pour chaque catastrophe environnementale à laquelle on peu penser, il y avait très probablement une société humaine dans l'histoire qui a dû faire avec" dit kohler, professeur émérite d'anthropologie à l'Université d'Etat de Washington, "la modélisation informatique nous donne une capacité sans précédent d'identifier ce qui a fonctionné pour ces populations et ce qui n'a pas marché".


Leader dans la modélisation à base d'agents


Kohler est un pionnier dans le champ de l'archéologie basée sur des modèles. Il a développé des simulations informatiques sophistiquées., appelées simulation à base d'agents, sur l'interaction entre les peuples ancestraux dans le sud-ouest de l'Amérique et leur environnement.

Il a lancé le Projet Village Ecodynamics en 2001, afin de simuler comment des familles indiennes Pueblo virtuelles, vivant dans des paysages géographiquement précis et générés par ordinateur, réagissaient aux changements de variables spécifiques telles que les précipitations, la taille de la population et l'épuisement des ressources.

En comparant les résultats des modèles à base d'agents avec les preuves archéologiques réelles, les anthropologues peuvent identifier les conditions passées et les circonstances qui ont conduit différentes civilisations autour du monde vers des périodes de croissance et de déclin.


Le «jeu vidéo» amène à une conclusion logique


La modélisation à base d'agents est aussi utilisée pour explorer l'impact que peuvent avoir les hommes sur leur environnement au cours des périodes de changement climatique.

Une étude mentionnée dans la revue de WSU démontre comment la sécheresse, la chasse et la compétition à l'habitat dans les populations en expansion en Egypte ont conduit à l'extinction de nombreux grands mammifères aux alentours de 3000 avant JC.

En outre, d'Alpoim Guedes et Bocinsky ont étudié comment les schémas d'implantation au Tibet  ont affecté l'érosion. "La modélisation à base d'agents est comme un jeu vidéo dans le sens où l'on rentre certains paramètres et règles dans la simulation et ensuite on laisse les agents virtuels jouer jusqu'à la conclusion logique" explique Crabtree, "Cela nous permet non seulement de prédire l'efficacité de la croissance de différentes cultures et d'autres adaptations, mais aussi de voir comment les sociétés humaines peuvent évoluer et impacter leur environnement".


La modélisation des cultures tolérantes aux maladies et à la sécheresse


La distribution des espèces ou modélisation des cultures de niche est une autre technique avancée que le archéologues utilisent pour prédire où les plantes et d'autres organismes ont bien poussé par le passé et où ils pourraient être utiles à nouveau aujourd'hui.

Bocinsky et d'Alpoim Guedes ont utilisé la technique de modélisation pour identifier des plantes, peu utilisées, voire dans certains cas complètement oubliées, qui pourraient être utiles dans des régions où les conditions météorologiques plus chaudes, la sécheresse et les maladies affectent l'approvisionnement alimentaire.

L'une des plantes qu'ils ont identifiée est  une variété de maïs tolérante à la sécheresse que les indiens Hopi d'Arizona avaient adapté au cours des siècles pour pousser sur des sols pauvres. "Nos modèles montrent que le maïs Hopi pourrait bien pousser sur les hauts plateaux éthiopiens, où l'un de leurs aliments de base, la banane éthiopienne, a été touché par des ravageurs émergents, des maladies et des pics de chaleur intense" rapporte Bocinsky, "cultiver le maïs Hopi et d'autres plantes traditionnelles résistantes à la sécheresse peut devenir crucial pour la survie humaine dans d'autres endroits touchés par le changement climatique".


Millet est retourné au Tibet


Les chercheurs de l'Université d'Etat de Washington ont aussi modéliser des cultures de niche pour identifier une source de nourriture viable alternative sur le plateau tibétain. La hausse rapide des températures rend difficile pour les habitants de la région de faire pousser des plantes habituées au froid et permettre d'élever des yacks, une forme de subsistance de base.

Dans un article publié en 2015, d'Alpoim Guedes et Bocinsky ont découvert que le vulpin et le millet commun qui ont cessé d'être cultivé sur le plateau il y a 4 000 ans alors que le climat devenait plus froid, pourraient bientôt être cultivés à nouveau alors que le climat se réchauffe. "Ces millets sont sur le point de devenir des plantes oubliées" ajoute d'Alpoim Guedes, "mais en raison de leur tolérance à la chaleur, de leur haute valeur nutritive et du faible niveau de précipitation requis, ils peuvent redevenir des ressources utiles"


L'avenir d'une gestion informée.


Avec des centaines d'années de données anthropologiques provenant de sites tout autour du monde qui restent encore à numériser, les scientifiques commencent tout juste à exploiter le potentiel de numérisation en archéologie. "Le domaine est au milieu d'une renaissance qui doit conduire vers d'autres approches informatiques," dit Kohler, "Notre espoir est que le fait de combiner le travail de terrain de l'archéologie traditionnelle avec les techniques de modélisation axées sur les données nous aidera à mieux gérer nos chiffres, nos interactions écosystémiques et éviter les erreurs passées concernant les changements climatiques."


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lundi 8 mai 2017

Les hommes ont-ils créé le désert du Sahara ?

Une nouvelle étude se penchant sur la transition d'une végétation luxuriante au Sahara, il y a 10000 ans, vers les conditions arides actuelles, suggère que l'homme a pu jouer un rôle actif dans la désertification.

La désertification du Sahara a longtemps été un point central pour les scientifiques essayant de comprendre le climat et les points de basculement écologiques.

Ce nouvel article paru dans Frontiers in Earth Science, dont l'auteur est l'archéologue Dr David Wright, de l'Université Nationale de Séoul, remet en cause les conclusions de la plupart des études faites à ce jour et qui indiquent que les changements dans l'orbite terrestre ou les changements naturels de la végétation sont les principaux moteurs.

"En Asie de l'Est, il y existe de longues théories établies sur la façon dont les populations néolithiques ont modifié le paysage si profondément que les moussons ont cessé d'y pénétrer jusqu'à aujourd'hui" explique Wright, écrivant également dans son article que des preuves de changements écologiques et climatiques engendrés par l'homme ont été documentées en Europe, en Amérique du Nord et en Nouvelle-Zélande.

Wright estime qu'un scénario similaire peut aussi s'appliquer au Sahara. Pour tester cette hypothèse, il a examiné les preuves archéologiques documentant les premières apparitions du pastoralisme dans la région saharienne, et les a comparées avec les données montrant la propagation de la végétation de broussaille, un indicateur de changement écologique vers des conditions désertiques.

Les découvertes ont confirmé ses pensées: il y a environ 8000 ans dans les régions entourant la rivière du Nil, les communautés pastorales ont commencé à apparaître et à s'étendre vers l'ouest, dans chaque cas, cela correspondait avec une augmentation de la végétation de broussaille.

 Les hommes ont-ils créé le désert du Sahara ?

La dépendance agricole croissante a eu un effet sévère sur l'écologie de la région. Plus la végétation disparaissait en raison de l'introduction du bétail, plus cela augmentait l'albédo (la quantité de lumière du soleil que reflète la surface de la Terre) des terres, ce qui en retour influençait  les conditions atmosphériques suffisamment pour réduire les précipitation de la mousson. L'affaiblissement des moussons a provoqué une désertification supplémentaire et une perte de végétation, favorisant une boucle de rétroaction qui s'est finalement répandue sur l'intégralité du Sahara moderne.

Il reste cependant beaucoup à faire pour combler les lacunes, mais Wright pense qu'une mine d'informations se cache sous la surface: "Il y avait des lacs partout dans le Sahara à cette époque, et ils contiennent les informations sur le changement de végétation. Nous devons explorer ces anciens lits de lacs pour obtenir les données sur la végétation, se pencher sur l'archéologie, et voir ce que faisaient les populations en ces endroits. C'est très difficile de modéliser l'effet de la végétation sur les systèmes climatiques. C'est notre travail, en tant qu'archéologues et écologistes, d'aller chercher les données, pour aider à créer des modèles plus complets"
 
Bien que cela ait eu lieu il y a plusieurs milliers d'années, les implications de l'homme dans la dégradation environnementale et climatique sont faciles à voir. Avec environ 15% de la population mondiale vivant dans des régions désertiques, Wright souligne l'importance de ses découvertes: "les implications sur la façon dont nous avons changé les systèmes écologiques ont un impact direct sur la question de savoir si les hommes pourront survivre indéfiniment dans des environnements arides".


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mardi 2 mai 2017

Comment on jardinait il y a 3800 ans en Colombie Britannique

Des archéologues ont découvert que les Premières Nations, le long de la côte ouest du Canada, entretenaient des jardins humides il y a près de 3800 ans.

Un projet de fouilles mené par une entreprise archéologique appartenant à la Première Nation Katzie, dans les basses terres continentales de Colombie Britannique, a mis au jour des preuves selon lesquelles les ancêtres des Premières Nations ont agi sur l'environnement des zones humides pour augmenter les rendements agricoles.

Ils cultivaient le wapato, un tubercule semi-aquatique qui fournissait une importante source d'amidon pendant les mois d'hiver.

Comment on jardinait il y a 3800 ans en Colombie Britannique
 (A) Échantillon de bâtonnets conservés de bâche de bois. (B) Anciens tubercules wapato (préconservation) trouvés dans les dépôts de la zone jardin DhRp-52.

L'information, publiée dans Sciences Advances (Engineered feature used to enhance gardening at a 3800-year-old site on the Pacific Northwest Coast) , rapporte que les archéologues ont trouvé une plate-forme de pierres plates étroitement imbriquées qui devaient reposer à quelques mètres sous l'eau empêchant les tubercules de se développer vers le bas.

Debbie Miller, de l'équipe archéologique, estime que le site est aussi important pour le peuple Katzie que n'importe quelle autre merveille du monde, des pyramides égyptiennes au Machu Picchu. Elle ajoute que le projet a été l'occasion pour de nombreux jeunes membres de la communauté Katzie de se connecter à leurs ancêtres. Mais elle précise aussi que ces découvertes laissent aussi un arrière goût amer car le site a depuis été pavé pour en faire une voie publique.


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jeudi 6 avril 2017

Centre pour l'Agroécologie, l'Eau et la Résilience - CAWR

Centre pour l'Agroécologie, l'Eau et la Résilience - CAWR

Le Centre pour l'Agroécologie, l'Eau et la Résilience (Centre for Agroecology, Water and Resilience / CAWR), de l'Université de Coventry) conduit une recherche innovante et transdisciplinaire sur la compréhension et le développement de la nourriture résiliente et des systèmes liés à l'eau au niveau international.

La sécurité alimentaire et l'eau sont de plus en plus menacés par des facteurs tels que le changement climatique et environnemental, la perte de biodiversité, les conflits et la volatilité des marchés.

De nouvelles connaissances, politiques et technologies sont nécessaires pour développer des systèmes qui sont plus résilients au changement et qui assurent la "santé" de nos approvisionnements en eau et en nourriture.

Des systèmes résilients sont plus à même de rebondir sur les stress causés par des changements à plus long terme ou des événements à court terme; qu'il s'agisse de processus naturels tels que les inondations, ou des impacts humains comme des guerres ou des pollutions accidentelles de l'eau.

En mettant l'accent sur les aliments et l'eau, les recherches du centre développent et intègrent de nouvelles connaissance dans les processus sociaux, agroécologiques, hydrologiques et environnementaux. Elles pointent aussi le rôle central que jouent les communautés dans le développement de la résilience.

Fait unique à ce centre, est l'incorporation des connaissances générées par les citoyens: la participation des agriculteurs, des utilisateurs de l'eau, et d'autres citoyens dans une recherche transdisciplinaire. Des approches holistiques qui traversent de nombreuses frontières disciplinaires sont utilisées.

Le CAWR vise également à promouvoir la science de la résilience grâce à un travail créatif sur une nouvelle génération de questions clés liées à la gouvernance des systèmes alimentaires, des changements hydrologiques, de l'eau urbaine, des processus fluviaux, de la qualité de l'eau et des polluants émergents.

Le centre entreprend des recherches dans les domaines suivants:
  • Alimentation résiliente et systèmes liés à l'eau en pratique
  • Processus et résilience fondamentaux 
  • L'auto-organisation de la communauté pour la résilience
  • Politiques et institutions pour permettre des systèmes alimentaires et liés à l'eau résilients

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